Toronto (Ontario), le 16 janvier 2023 – Cinq grands syndicats du secteur de la santé de l’Ontario demandent au gouvernement Ford de ne pas aller de l’avant avec son plan visant à siphonner le financement provincial des soins hospitaliers publics et à le remettre à des cliniques chirurgicales privées à but lucratif, une entreprise risquée qui coûtera cher aux Ontariens et nuira à l’accès aux soins publics.
Les syndicats – SCFP/OCHU, Ontario Nurses' Association, OPSEU/SEFPO, SEIU Healthcare et Unifor – affirment que cette mesure va encore plus priver notre système de santé public de financement et détourner le personnel de première ligne vers l'enrichissement des actionnaires privés et diminuer l'accès aux soins de santé publics. Les patients devront attendre encore plus longtemps pour obtenir des soins de santé dans le cadre de ce programme et il ne faut pas croire qu'ils n'auront pas à payer de leur poche.
Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement a mis en œuvre des politiques qui démoralisent les travailleurs de la santé, aggravent la pénurie de personnel et provoquent l'épuisement professionnel en raison de charges de travail trop lourdes et de bas salaires. Le financement des cliniques privées va encore plus nuire à la capacité des hôpitaux publics de l'Ontario à fournir des soins de qualité et rendra encore plus difficile la rétention du personnel de première ligne.
L’histoire montre que les cliniques à but lucratif détournent le personnel des hôpitaux publics, concentrent leurs activités sur la prestation de services aux patients ayant les besoins médicaux les moins complexes afin de maximiser les profits et laissent les hôpitaux publics s’occuper des patients atteints de maladies multiples, graves et coûteuses à traiter. Les taux de mortalité et les coûts sont plus élevés dans les centres chirurgicaux à but lucratif.
Les cliniques à but lucratif, les foyers de soins de longue durée et les agences de soins infirmiers ont déjà coûté très cher aux Ontariens et ont sérieusement aggravé la pénurie de personnel dans notre système public. Compte tenu de la hausse du coût de la vie et de l’inflation, les Ontariens ont besoin d’investissements dans les soins de santé fournis par le secteur public, et non d’un modèle qui utilisera les fonds publics pour générer des profits privés tout en réduisant l’accès pour tous.
Au lieu de détourner le financement des soins hospitaliers publics vers des cliniques privatisées, le gouvernement doit investir dans notre précieux système de santé public, mettre en œuvre un programme de rétention du personnel hospitalier public et financer ses hôpitaux publics au moins au taux moyen des hôpitaux canadiens pour faire face à la croissance démographique, au vieillissement et aux pressions inflationnistes. « Tous les résidents de la province devraient s’inquiéter du fait que notre gouvernement crée un système à deux vitesses où ceux qui peuvent payer de leur poche passeront avant les autres pour recevoir leur chirurgie et leur traitement en premier. Les infirmières et les travailleurs de la santé ont besoin de plus de soutien et d’un meilleur financement dans le système public, et non d’un plan qui ne fera que détourner les fonds publics vers des actionnaires privés. Les infirmières demandent au premier ministre Ford d’abandonner ce plan désastreux et d’investir dans le système public pour assurer l’accès à tous. »
Bernie Robinson, infirmier autorisé, président par intérim, Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario « Bien qu’il ait nié tout soutien à la privatisation des hôpitaux lors des dernières élections, le gouvernement Ford réduit les budgets des hôpitaux publics tout en finançant massivement les centres chirurgicaux à but lucratif. Les frais d’utilisation, les coûts plus élevés, les taux de mortalité plus élevés et la perte de personnel hospitalier n’empêcheront pas ce gouvernement de respecter son engagement à monétiser les interventions chirurgicales. Pour cela, il faut que le personnel hospitalier et la population de l’Ontario s’y opposent. Une résistance farouche de la part des deux parties est à prévoir. »
Michael Hurley, président CSHO/SCFP « Les profits privés sont en conflit direct avec les soins publics à bas prix et accessibles. Le prix ultime du projet à l’américaine du premier ministre Ford sera payé par la population de l’Ontario, qui subira une crise de personnel plus grave et devra payer ses factures de sa poche. Les travailleurs de la santé de première ligne et leurs syndicats n’ont pas été consultés, et nous demandons au ministre de la Santé de mettre en veilleuse le plan de privatisation du Parti conservateur jusqu’à ce qu’une évaluation des risques liés aux ressources humaines soit entreprise et rendue publique. »
Sharleen Stewart, présidente, SEIU Healthcare« Cette mesure va à l’encontre des principes de notre système de santé public. Doug Ford permet aux cliniques privées de tirer profit de ces procédures médicales essentielles, ce qui n’est pas une solution à notre crise des soins de santé. Elle ne fera qu’aggraver la crise en exacerbant les pénuries de personnel dans notre système public et en détournant les fonds des hôpitaux et des cliniques publics. »
Naureen Rizvi, directrice régionale de l'Ontario, Unifor« L’affirmation selon laquelle cette mesure soulagera le fardeau des hôpitaux publics est un mensonge éhonté de la part du premier ministre Ford et du ministre Jones. Pour améliorer l’accès aux soins, les hôpitaux publics ont besoin de personnel et de financement, et ces deux ressources seront encore plus réduites avec une dépendance accrue aux cliniques privées. L’affirmation selon laquelle les patients ne paieront jamais de leur poche pour les soins de santé dans le cadre de ce plan de vente est un autre mensonge. Qu’elles vendent plus cher ou qu’elles facturent deux fois, les cliniques privées privilégient les profits – et cette mesure nuira sans aucun doute aux patients et au système de santé public dont nous dépendons tous. En ces temps difficiles, nous devrions prendre soin les uns des autres, et non des entreprises et de leurs actionnaires. »
JP Hornick, président, Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario -30-
