TORONTO, ON, 11 mai 2026 — Les infirmières et les professionnels de la santé de l'Ontario – membres de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario (AIIO) – ont annoncé une contestation constitutionnelle historique visant à abroger une loi vieille de plusieurs décennies qui les prive de droits fondamentaux à une négociation collective significative et qui réduit considérablement leur pouvoir de négociation.
L’action en justice intentée par l’ONA vise la Loi sur l’arbitrage des conflits de travail dans les hôpitaux (LACTH), une loi de 1965 qui compte parmi les régimes de relations de travail les plus restrictifs au monde. Adoptée avant la Charte canadienne des droits et libertés, elle interdit toute forme de grève à l’ensemble des infirmières et infirmiers et des professionnels de la santé travaillant dans les hôpitaux et les établissements de soins de longue durée. Cela représente plus de 90 % des travailleurs de la santé en Ontario.
« Depuis des décennies, cette loi prive la quasi-totalité des travailleurs de la santé en Ontario de leurs droits constitutionnels fondamentaux », a déclaré Erin Ariss, infirmière et présidente provinciale de l’ONA. « La HLDAA a instauré un système de négociation où les employeurs peuvent facilement contourner toute véritable négociation collective. Ce processus empêche nos membres de conclure librement des ententes et d’améliorer leurs mauvaises conditions de travail, alors qu’ils prodiguent des soins essentiels aux patients de l’Ontario. Dans ces conditions, le système de santé publique se retrouve encore plus démuni. »
La loi sur les droits des travailleurs et des infirmières (HLDAA) impose un arbitrage exécutoire pour le règlement des conflits de travail, privant ainsi les travailleurs du moyen de pression dont ils disposent pour obtenir des ententes équitables et des changements systémiques. Dans ce cadre, les employeurs peuvent systématiquement éviter les négociations et s'appuyer sur les arbitres pour imposer des contrats. L'Association des hôpitaux de l'Ontario n'a pas réussi, depuis plus de 15 ans, à engager de véritables négociations constructives avec les infirmières hospitalières en vue d'un accord librement négocié. Au lieu de cela, l'arbitrage exécutoire est devenu la méthode privilégiée de ces employeurs, entravant toute communication ouverte et toute approche collaborative et fondée sur les intérêts des travailleurs dans le cadre des négociations collectives.
« Le point de non-retour a été atteint l'an dernier lorsqu'un arbitre a imposé une nouvelle convention collective hospitalière qui ignorait complètement la principale revendication de plus de 60 000 infirmières : l'instauration de ratios minimaux obligatoires infirmière-patient », explique Ariss. « Les infirmières de l'Ontario sont furieuses que notre droit constitutionnel de mener toute action syndicale pour améliorer les conditions de travail et les soins aux patients soit restreint. C'est pourquoi nous luttons pour rétablir nos droits et faire abroger la loi sur la santé et la sécurité au travail (HLDAA). »
Au Canada, et dans de nombreux pays du monde, les infirmières et les professionnels de la santé ont le droit d'entreprendre certaines actions syndicales, y compris un droit de grève limité, tout en assurant les soins essentiels aux patients. En Ontario, les décisions arbitrales ont largement maintenu le statu quo et n'ont jamais permis de régler les problèmes systémiques comme la pénurie de personnel.
« Le statu quo est rompu, profitant au gouvernement Ford et aux employeurs plus soucieux de leurs profits que de la sécurité et de l’accessibilité des soins de santé publics. Face à des défis sans précédent, les infirmières et les professionnels de la santé se battent pour rétablir leurs droits et pouvoir utiliser leur pouvoir de négociation collective afin de revendiquer de meilleurs soins de santé publics pour tous. »
L'ONA est le syndicat qui représente plus de 68 000 infirmières et professionnels de la santé, ainsi que 18 000 étudiants en soins infirmiers affiliés, qui prodiguent des soins dans les hôpitaux, les établissements de soins de longue durée, les services de santé publique, les milieux communautaires, les cliniques et l'industrie.
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