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Tribune commune : Ford pourrait briser le système de soins à domicile fracturé de l'Ontario

le 26 avril 2024

Cet éditorial d'opinion a été initialement publié dans le Hamilton Spectator sur Avril 24, 2024.Nous connaissons tous quelqu’un qui a bénéficié de services de soins à domicile.

Les patients qui sortent de l’hôpital pour poursuivre leur convalescence à domicile, les personnes handicapées qui ont besoin de soutien et de services, les personnes âgées qui reçoivent des soins pour pouvoir continuer à vivre de manière autonome, les personnes qui ont besoin d’un soutien communautaire comme des soins en clinique ou des programmes de jour, entre autres – les soins à domicile et dans la communauté sont un service de santé inestimable.

Le besoin d’un secteur des soins à domicile robuste et accessible n’a jamais été aussi grand à mesure que les Ontariens vieillissent. Nous aurons bientôt besoin d’au moins 6,800 XNUMX préposés aux services de soutien à la personne supplémentaires pour maintenir le niveau actuel de services et un nombre similaire d’infirmières, d’ergothérapeutes, de physiothérapeutes et de professionnels de la santé du secteur des soins à domicile.

Il s’agit d’une crise de personnel imminente que nous devons éviter.

Pourtant, alors que la province connaît une explosion de la demande en soins à domicile et de ceux qui sont responsables de les fournir et de les coordonner, notre gouvernement provincial plonge ce service largement restructuré dans le chaos – une fois de plus.

Avec le tourbillon des réorganisations sectorielles, des centres d’accès aux soins communautaires aux réseaux locaux d’intégration des services de santé, en passant par les services de soutien à domicile et en milieu communautaire, et maintenant le nouveau Santé à domicile de l’Ontario, il est admirable que certains travailleurs des soins à domicile continuent de résister à tant de changements.

Plus tôt cette année, le gouvernement Ford a adopté le projet de loi 135, intitulé de manière créative la Loi sur les soins à domicile pratiques, qui doit entrer en vigueur le 28 juin. Cette mesure a été prise sans que les personnes concernées soient consultées. Il suffit de regarder le désastre de la ceinture verte et le projet de loi 124 pour voir comment le gouvernement Ford ignore les électeurs et les parties prenantes, préférant faire adopter des lois qui avantagent les intérêts privés.

Le projet de loi 135 prévoit notamment la fusion de services (14 régions en une seule), l’absence de gouvernance et de surveillance publiques et l’ouverture d’une voie vers une privatisation accrue. Il ouvre la porte à la sous-traitance et à la privatisation d’un plus grand nombre de services de soins à domicile et de la coordination de ces services.

Ces changements comportent de graves risques pour l’accessibilité des soins dans les communautés mal desservies et risquent d’entraîner des abus de la part d’agences privées déjà endémiques dans le secteur. La fusion va nuire à l’accès aux soins et le manque de surveillance ouvre bien trop de possibilités de conflits d’intérêts aux mains d’entreprises privées à but lucratif.

Comme nous le constatons avec les agences de soins infirmiers privées, des entreprises à but lucratif sans scrupules ont montré qu’elles saisiraient toutes les occasions d’augmenter leurs profits.

Le projet de loi 135 ne s’attaque pas à l’un des enjeux les plus urgents du secteur : retenir et recruter les travailleurs de la santé qui coordonnent, fournissent et rendent possibles les soins à domicile.

Ces travailleurs veillent à ce que les personnes souffrant de maladies chroniques reçoivent les soins dont elles ont besoin, ce qui permet à notre système de santé d’économiser des ressources dont il a désespérément besoin. Ils travaillent avec des enfants et des jeunes adultes souffrant de problèmes de santé ou de handicaps complexes, en veillant à ce qu’ils réussissent leurs études à l’école et à la maison.

Ils travaillent dans un système fracturé, caractérisé par une privatisation généralisée et des conditions de travail précaires. Depuis des années, les salaires des travailleurs sont en baisse. Cette situation a amené de nombreuses personnes à se demander s'ils devraient rester, et le projet de loi 135 pourrait bien être leur point de rupture.

Les syndicats de la santé qui représentent les travailleurs de première ligne demandent à la province de veiller à ce que les emplois et les services de soins à domicile soient maintenus et étendus dans toutes les collectivités locales. Le moment est venu d’augmenter le financement du secteur et de négocier des salaires équitables pour soutenir le recrutement et la rétention des travailleurs et des services sur lesquels les collectivités comptent. Le projet de loi 135 doit être modifié pour donner la priorité à la prestation publique des services de soins à domicile.

Il a été démontré à maintes reprises que les services de santé fournis par le secteur public sont moins coûteux, qu’ils respectent les normes de soins appropriées et qu’ils offrent le système le plus fiable et le plus équitable possible.

Il est plus que clair que permettre aux entreprises privées de tirer profit des soins à domicile n’aura aucun effet positif sur les travailleurs et les personnes dont elles prennent soin. Ce n’est qu’une autre occasion pour le premier ministre Doug Ford de vendre des services publics essentiels au plus offrant.

Ce gouvernement détruit une fois de plus un secteur de la santé de manière unilatérale, en adoptant des changements qui nuiront à l’accès des Ontariens aux soins et en permettant aux entreprises privées de s’emparer de l’argent public.

La province doit suspendre ces projets dangereux en matière de soins à domicile, consulter adéquatement les travailleurs de la santé, négocier des salaires équitables, étendre les services et abandonner les projets de privatisation.

Ne pas le faire nous porterait préjudice à tous.

Erin Ariss est infirmière autorisée et présidente de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario.

Fred Hahn est président du SCFP-Ontario.

JP Hornick est président de l'OPSEU-SEFPO.

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